/ DISCO-CAFÉ

Just Watch Me provides a disco-café hosting a weekly disco night, a fair-trade café, fitness courses, and numerous other activities for the body and the mind. L'espace s'inspire de la discothèque Mousse Spacthèque de Jean-Paul Mousseau, réalisé en 1966 à Montréal.  You may learn more about the Mousse Spacthèque through Francine Couture's text below.

 

 

The Mousse Spacthèque by Jean-Paul Mousseauby Francine Couture                                                                            FULL TEXT +  Jean-Paul Mousseau’s creation of the Mousse Spacthèque, on Crescent street, is typical of the practice of Montreal artists who, over the course of the 1960s, decided to work in popular entertainment sites. In moving away from the gallery and museum world they lifted the barrier that modernist aesthetics had placed between principles of the avant-garde and those of mass culture. In 1966, Mousseau chose one of these sites by bringing his artistic practice to a new expression of the urban leisure economy: discotheques. He partnered with the owners of La Licorne discotheque, Gilles Archambault and Claude de Carufel, to found the Arfel Corporation, an entity which had more in common with the show business and cultural industries model than that of the visual arts. This context also provided an economic development framework for his concept, since Arfel Corporation offered a franchise service to its discotheque owners who, under Mousseau’s artistic direction, opened versions of the Mousse Spacthèque in Ottawa, Alma and Quebec City. Through his previous experience as a stage designer, Mousseau had become familiar with the multi-disciplinary teamwork prevalent in theatrical productions. Furthermore, in frequenting the theatre world he also developed contacts with the media and performance milieus. When the Mousse Spacthèque opened, newspapers praised the innovative character of his visual installation and declared it to be a trendy place where one must absolutely be seen. “Montreal’s smart set was there,” they declared. This attention resulted from the media promotion implemented by Mousseau’s collaborators, who had borrowed their communication model from advertising campaigns. This initial notice in the show business and television world certainly helped to attract a larger public to the Mousse Spacthèque and to turn it into a significant fashion phenomenon of the Montreal urban cultural milieu in the mid 1960s. This discotheque offered visitors an immersive, total theatre-inspired environment and a synthesis of the arts brought about through the fusion of its spatial, light, colour, sound and rhythmic elements which incited participation. Addressing all the senses, it was also a manifestation of the 1960s cultural utopia with its pursuit of emotional liberation and self-fulfillment. A slideshow synchronized with the music swept across the space, creating a sound and light environment with which the dancers interacted through their choreographic moves. These projections also used display mannequins—these modern Venuses or Graces which embody a conventional masculine representation of desire. They echoed the projected mass cultural images of male and female faces or bodies which Mousseau had graphically altered. These representations were shown as part of a set of one hundred forty slides whose surfaces had been modified through collages, rubbings or pictorial tracings, creating rhythmic abstractions reminiscent of pop art, geometric abstraction and action painting. This environment would have been at home in today’s cities in which festive events serve to build the brand image of a lively and creative city. It is the forerunner of environmental works associated with these types of initative which temporarily transform building façades and public places by combining technological innovation and aesthetic research.La Mousse Spacthèque de Jean-Paul Mousseaupar Francine Couture                                                               TEXTE COMPLET +La réalisation de la Mousse Spacthèque par Jean-Paul Mousseau, rue Crescent, est typique de pratiques d’artistes de Montréal qui, au cours des années 1960, ont investi des lieux de production de divertissements populaires. Ils se sont éloignées du milieu des galeries et du musée, et ont levé ainsi la barrière qu’avait installée l’esthétique moderniste entre les principes de l’avant-garde et ceux de la culture de masse. En 1966, Mousseau a choisi l’un de ces lieux en insérant sa pratique artistique dans une nouvelle manifestation de l'économie des loisirs urbains qu'étaient les discothèques. Il s’associa aux propriétaires de la discothèque de La Licorne, Gilles Archambault et Claude de Carufel, pour fonder l’entreprise Arfel Corporation, laquelle constitua le cadre des activités de la Mousse Spacthèque qui relevait davantage du modèle des arts du spectacle et de l’industrie culturelle que de celui des arts plastiques. Ce contexte a aussi procuré un cadre de développement économique de son concept puisqu'Arferl Corporation a offert un service de franchises à des propriétaires de discothèques qui, sous la direction artistique de Mousseau, ont ouvert des Mousse Spacthèque à Ottawa, à Alma et à Québec. L'expérience antérieure de scénographe de Mousseau l'avait initié au travail d'équipe regroupant divers métiers du monde du théâtre. Par ailleurs, la fréquentation de ce monde lui avait aussi procuré une audience dans le milieu des médias et du spectacle. Ainsi lors de l’ouverture de la Mousse Spacthèque, la presse écrite fit l'éloge du caractère novateur de son aménagement visuel et la désigna comme un lieu branché qu’il fallait fréquenter à tout prix. «Le Tout Montréal y était», déclara-t-elle. Cette attention résultait de sa promotion dans les médias mise en œuvre par les collaborateurs de Mousseau qui avaient emprunté aux campagnes publicitaires leur modèle de communication. Cette première audience issue du milieu du spectacle et de la télévision contribua sûrement à attirer à la Mousse Spacthèque un plus large public et en faire ainsi un phénomène de mode marquant de la culture urbaine montréalaise du milieu des années 1960. Cette discothèque offrait aux spectateurs un environnement immersif inspiré par le théâtre total et la synthèse des arts résultant de la fusion de ses éléments spatiaux, lumineux, colorés, sonores et rythmique sollicitant leur participation. S’adressant à tous leurs sens elle était ainsi une manifestation de l’utopie culturelle des années 1960 poursuivant la libération émotionnelle de l’individu. Des projections de diapositives en phase avec la musique balayaient l’espace, ce qui créait un environnement sonore et lumineux avec lequel le jeu chorégraphique des danseurs entrait en interaction. Ces projections utilisaient aussi comme écrans des mannequins de vitrine, sorte de Venus ou de Grâces modernes incarnant une représentation conventionnelle et masculine de l’expérience du désir. Elles faisaient écho à des images projetées de visages ou de corps de femmes, empruntées à la culture de masse, sur lesquelles Mousseau était intervenu graphiquement. Ces représentations prenaient place dans un ensemble de cent quarante diapositives dont le support avait été modifié par des collages, des grattages ou des tracés picturaux produisant aussi des abstractions rythmées relevant du op art, de l’abstraction géométrique et gestuelle. Cet environnement aurait trouvé sa place dans les cités actuelles dont les évènements festifs construisent leur image de marque de ville conviviale et créative. Il est précurseur d’œuvres environnementales associées à ce projet, lesquelles transforment temporairement des façades d’édifice et des places publiques en combinant l’innovation technologique et la recherche esthétique.

/ archivesLa disco-café est inspirée de la «Mousse Spacthèque» de Jean-Paul Mousseau, une discothèque réalisée en 1966 à Montréal. Romeo Gongora a décidé de faire référence à cet environnement après avoir lu l’ouvrage «Québec-Underground 1962-1972». Il a contacté l’historienne d’art Francine Couture, une spécialiste des arts visuels du Québec dans les années 1960 ainsi que des œuvres de Jean-Paul Mousseau produites au cours cette période. Ensemble, ils ont fait une recherche sur la «Mousse Spacthèque» en consultant les archives de Mousseau qui ont été versées au service d’archives du Musée d’art contemporain de Montréal. La consultation de ces documents, ainsi que les discussions qu’ils ont suscitées, ont inspiré les concepts suivants : les nouvelles formes de divertissement, le rôle de l'artiste entrepreneur, l’art total, la participation active du spectateur, la libération de l’individu et la représentation de la femme. Ces thèmes ont guidé la conception et la réalisation de l’environnement présenté dans l’espace de la galerie. Afin de rendre compte de sa portée culturelle ils ont décidé de présenter des articles de journaux, des photographies publiées dans des revues, des outils de promotion de la Mousse Spacthèque. L’espace de la discothèque était configuré par des projections en boucle de diapositives, produites par Mousseau, sur des murs peints de motifs en courbe. Le Musée d’art contemporain a fait réaliser des copies de ces diapositives dont les projections furent autorisées par Katerine Mousseau. Le bar et la présence d’un barman, qui offrait du jus, des biscuits, de l’alcool, de la tisane et du café, ainsi que l’installation de mannequins féminins évoquaient la discothèque de Mousseau. L’espace «Mousse Spacthèque» hébergait une soirée disco chaque semaine, un café équitable et de nombreuse activités quotidiennes gratuites. Romeo Gongora avait  invité D.J  Poirier connu de la scène québécoise qui s’était déjà intéressé aux années 70 lorsqu’il avait produit son album «Tout égratigné» en référence à Robert Charlebois. La liste des D.J a été proposée par Vincent Lemieux qui s’occupe de la programmation du festival «Mutek» et en collaboration avec MOOG Audio qui a prêté l’équipement utilisé par les D.J. La section café était utilisé par les visiteurs comme lieu d’échange et de travail. Le yoga, le taichi et le groove avaient été mises dans la programmation afin d’offrir au public des activités physiques qui sollicitaient de façon holistique les visiteurs. La direction de la galerie demanda à Francine Couture de rédiger un texte sur la signification historique de la «Mousse Spacthèque» dont l’interprétation a été nourrie par les discussions tenues en amont de l’élaboration du projet. <>x -------------------------------------------------------------------------- <>x Discothèque ((Mousse Spacthèque», 1966, Images provenant du Fonds d’archives Jean-Paul Mousseau du Musée d’art contemporain de Montréal (Sous-série 3P3C)--------------------------------------------------------------------------

Discothèque Mousse Spacthèque, 1966

Fonds d’archives Jean-Paul Mousseau du Musée d’art contemporain de Montréal (Sous-série 3P3C)

An event produced and presented at the Leonard & Bina Ellen Art Gallery

Concordia University, from September 5 to October 11, 2014

Université Concordia, 1400, boul. de Maisonneuve Ouest, LB-165

Montréal (Québec) H3G  1M8

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