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The stage space of Just Watch Me event is inspired by Maurice Demers' intervention Appellez-moi Ahuntsic! Nous présenterons ainsi des soirées de poésies, des concerts musicaux, des ateliers de vidéo et des rencontres thématiques sur les identités québécoises. You may learn more about Demers' intervention with Anithe de Carvalho's text below. Nous acceptons aussi vos propositions de performances. Please see the open call below!

 

 

CALL FOR PERFORMANCES: OPEN STAGE!!                              FULL TEXT + When: Every Friday 6 to 8 PM, 09/12 to 10/10What: Long and short performances exploring Quebec identityCost: FreeEligibility: No experience necessary - just your commitment. Have fun!Key words: participation, performance, collectivity, identity. Interested in participating? E-mail info@romeogongora.com with some information about yourself and the work you'd like to show. We'll be in touch from there about all the specifics! Kindly send us your ideas and include: - TWO dates that work best for you: 09/12, 09/19, 09/26, 10/03, or 10/10, between 6-8PM.- The duration of your project (suggested up to ~10 mins, but open to longer or shorter).- A short description of what you'd like to present during this time, as well as the format (~50 words).- A/V support used: we have a video projector (VGA), a projector screen, and two speakers (1/8th jack, works with a laptop) at your disposal.- Links or attachments to audio/visual you plan on using. (Optional) You may also include a short bio (~50 words) and contact information for our use on a website that will be launched in tandem with Just Watch Me. This will enable us to promote your work to visitors and other collaborators! The stage and gallery are entirely wheelchair accessible.Appelez-moi Ahuntsic de Maurice Demerspar Anithe de Carvalho                                                          TEXTE COMPLET +En 1973, Maurice Demers met sur pied une association incorporée sous la loi des compagnies sans but lucratif nommée la Fondation du Théâtre d’Environnement Intégral (FTEI), qui est une sorte de centre culturel d’expression artistique populaire et d’animation socioculturelle. La FTEI cherche à créer des conditions pour que la population puisse produire à la fois sa propre culture et un nouveau type de vie communautaire en milieu urbain. Faire se rapprocher les gens qui résident dans le même quartier, provoquer une camaraderie entre eux et concevoir une collectivité autonome d’un point de vue culturel, telles sont les nouvelles fonctions sociales de l’art définies par Demers : permettre la naissance de l’Homme nouveau, l’avènement d’une nouvelle identité personnelle et collective. Ces objectifs s’inscrivent dans une visée de démocratie culturelle, entre autres. L’environnement Appelez-moi Ahuntsic (1974) répond à ces objectifs. Il a été imaginé et conçu par et pour un nouveau public, les résidentes et résidents du quartier d’Ahuntsic dans le Nord de Montréal, qui deviennent co-auteurEs de l’œuvre. Il a fallu cinq mois pour fabriquer tous les éléments nécessaires à l’environnement final. Photographies d’amateurs et de professionnels, musique populaire, danses populaires, saynètes de théâtre, costumes, masques et histoire du quartier constituent, parmi tant d’autres, les éléments qui ont été élaborés en vue de l’événement et qui proviennent de domaines tels les arts de la scène, les arts visuels ainsi que des sciences sociales. Chacune des collaborations sert à forger la fête qui esthétise et symbolise, tout en les réunissant, les mois d’expérience individuelle et collective des membres du quartier ayant participé à la réalisation de l’environnement. Celle-ci a eu lieu dans l’auditorium du cégep Ahuntsic. Lorsque les gens y entrent, c’est une exposition ayant pour thème « Découvrir Ahuntsic » qui se présente à eux dans un premier temps. Ensuite, on assiste à la remise, par un jury, des prix de participation aux photographes amateurs. On présente également une courte pièce de théâtre portant sur les origines du quartier, créée par les participantes et participants de l’atelier d’histoire. La pièce met en scène un Blanc et un homme des Premières Nations qui se demandent qui a fondé la terre d’Ahuntsic. Le spectacle propose de revoir l’histoire et de provoquer des réflexions sur la colonisation française du sol américain et les conflits avec les Premières Nations. Le public est invité à échanger sur le sujet. Pendant toute la soirée, l’équipe de l’audiovisuel projette des diapositives d’images du quartier sur les murs et le plafond de l’auditorium. De plus, un rétroprojecteur permet au public de suivre la création de bandes dessinées faites sur place. Et, progressivement, la scène et la salle se confondent : un orchestre se met à jouer et les gens dansent. À la fin, Maurice Demers anime une dernière étape rétrospective qui permet de dresser un bilan de cette expérience pour préparer le projet suivant. En somme, on pourrait dire qu’après avoir brisé le carcan de la solitude et de l’individualisme, les gens du quartier d’Ahuntsic ont appris à se connaître et ont tenté d’inventer un quartier résidentiel qui répondrait à la nécessité d’une véritable vie communautaire agréable, solidaire et amicale.Appelez-moi Ahuntisic by Maurice Demersby Anithe de Carvalho                                                                        FULL TEXT +In 1973, Maurice Demers set up the Fondation du Théatre d’Environnement Intégral (FTEI), a not-for-profit association incorporated under the Companies Act. This association was a sort of cultural centre for popular artistic expression and socio-cultural activities. The FTEI sought to create conditions in which inhabitants would be able to create both their own culture and a new type of community life in an urban environment. To bring people who live in the same neighbourhood together, to foster friendship between them and envision an independent collectivity from a cultural perspective, these are among the new social functions of art as defined by Demers: enabling the emergence of the New Man, the advent of a new personal and collective identity. These goals were part of, among other things, cultural democratization. The participatory environment Appelez-moi Ahuntsic (1974) met these goals. It was imagined and thought out for a new public: the residents of the Ahuntsic neighbourhood in the north end of Montreal, who became the co-creators of the work. It took five months to produce all the necessary elements for the final environment. Amateur and professional photographs, popular music and dance, short plays, costumes, masks and neighbourhood stories are just some of the components—taken from the stage and visual arts as well as the field of social sciences—that were developed for the event. Each of the collaborations served to bring about a celebration that aestheticized, symbolized and synthesized the months of individual and collective experience shared by the neighbourhood residents. The environment they created was presented in the Auditorium of the Cégep d’Ahuntsic. As people entered, the first thing they came upon was a thematic exhibition “Discovering Ahuntsic.” Subsequently, they looked on as the amateur photographers received participation prizes from a jury. They could also watch a short play about the neighbourhood’s aboriginal origins that was put on by participants in the history workshop. The play featured a White man and a First Nations man trying to determine who founded the land of Ahuntsic. The show proposed a reexamination of history leading to a reflection upon the French colonization of American land conflicts with First Nations peoples.. The audience was then invited to discuss the subject. Throughout the evening, the audiovisual team projected a slideshow of neighbourhood images on the auditorium walls and ceiling. Additionally, an overhead projector allowed the public to watch comic strips being drawn onsite. And then, the separation between the stage and the room gradually blurred: a band started to play and people danced. At the end, Maurice Demers led a final retrospective activity in view of taking stock of this experience and to prepare for the next project. In short, one could say that after having thrown off the shackles of loneliness and individualism, Ahuntsic residents got to know one another and attempted to invent a residential neighbourhood in which a truly cooperative community, at once pleasant, united and friendly, can become a reality.

/ archivesL’espace «Appelez-moi Ahuntsic» est inspiré d’une œuvre de Maurice Demers. Romeo Gongora a pris connaissance du travail de Maurice Demers en consultant deux sources écrites : un texte sur son travail paru dans la partie «Les Lones Rangers» du livre «Québec Underground 1962-1972» et le livre d’Anithe De Carvalho, «Maurice Demers, Œuvre d’art total». Il a reconnu des affinités entre la pratique artistique de Maurice Demers et sa propre pratique, principalement la référence au Théâtre de l’opprimé d’Augusto Boal et sa conception du public comme acteur qui s’émancipe par le théâtre. Il a fait, par la suite, un entretien avec Maurice Demers portant sur son implication dans la société québécoise au début des années 1970. Celui-ci lui a montré ses archives contenant des photographies de ses œuvres, des découpures de presse, et des entrevues données à la radio et à la télévision, ainsi que ses essais en cours d’écriture sur le milieu de l’art actuel. Romeo Gongora et Anithe de Carvalho ont intégré «Appelez-moi Ahuntsic» car cet évènement théâtral impliquait plusieurs thèmes explorés par «Just Watch Me», telles les questions de l’émancipation de l’individu, de l’identité collective, le multiculturalisme et le pluralisme, le vivre ensemble et la démocratie culturelle. Les années soixante ont été marquées par le projet de la démocratie de la culture. Qu’en-est-il aujourd’hui? Est-ce que la médiation culturelle a contribué à la réalisation de ce projet? L’intégration de «Appelez-moi Ahuntsic» visait à susciter une réflexion sur ces thématiques. Afin de mettre en valeur ces enjeux, Romeo Gongora et Anithe de Carvalho ont présenté des archives de Maurice Demers, dont des photos, des découpures de journaux et une entrevue vidéo donnée par l’artiste à Radio-Québec. Ils se sont aussi inspirés du déroulement de «Appelez-moi Ahuntsic» pour concevoir les activités qui ont eu lieu dans cette partie de la galerie. Ils ont retenu que l’évènement théâtral avait impliqué la communauté du quartier Ahuntsic et ils invitèrent Norman Nawrocki à faire un atelier avec le public sur la gentrification du quartier Peter-McGill. «Appelez-moi Ahuntsic» avait offert des ateliers de couture et de montage de films. Ils ont proposé à CUTV d’animer pendant cinq semaines des ateliers de vidéo. Des lectures de poésie avaient eu lieu pendant l’évènement. Romeo Gongora et Anithe De Carvalho ont demandé aux Édition La Tournure d’organiser les soirées intitulées «Je vous répondrai par la bouche» et qui donnèrent l’occasion de se rassembler autour des questions d’identités. Au cours de l’évènement «Appelez-moi Ahuntsic», il y avait eu aussi des soirées musicales. Romeo Gongora a demandé à Géraldine Eguiluz de concevoir des soirées de musique expérimentales intitulées «Sons nouveaux pour un peuple naissant» et qui impliquaient la participation du public dans une ambiance de happening. «Appelez-moi Ahuntsic» avait présenté de petites pièces de théâtre réalisées avec des personnes provenant de la communauté locale. Romeo Gongora et Anithe de Carvalho s’en sont inspirés pour concevoir l’«Open Stage» dans lequel le public était invité à présenter de courtes saynètes visant à perturber les représentations de l’identité québécoise. Les participants s’inscrivaient par courriel ou à travers Facebook. Également inspirés par «Appelez-moi Ahuntsic», des ateliers de création destinés aux familles ont été proposés. Ils ont sollicité la collaboration des groupes Atwater Library’s Center for Digital Literacy pour trois ateliers axés sur la poésie et la vidéo traitant de questions identitaires, et la Coop le Milieu pour construire collectivement une maison avec des morceaux de tissus. L’espace «Appelez-moi Ahuntsic» était en constante modification. Étaient mis à la disposition du public et des concepteurs d’activités un projecteur vidéo, un lecteur, un écran de projection, un micro ainsi que des chaises et un sofa. La direction de la galerie demanda à Anithe de Carvalho de rédiger un texte sur la signification historique d’«Appelez-moi Ahuntsic» dont l’interprétation a été nourrie par les discussions tenues en amont de l’élaboration du projet. <>x--------------------------------------------------------------------------<>x Maurice Demers, «Appelez-moi Ahuntsic», 1974,Photo: Réal Filion, Fonds d’archives Maurice Demers--------------------------------------------------------------------------    Entrevue avec Maurice Demers sur ''Appelez-moi Ahuntsic'', Radio-Québec, 1974 

Maurice Demers, «Appelez-moi Ahuntsic», 1974,

Photo: Réal Filion, Fonds d’archives Maurice Demers

An event produced and presented at the Leonard & Bina Ellen Art Gallery

Concordia University, from September 5 to October 11, 2014

Université Concordia, 1400, boul. de Maisonneuve Ouest, LB-165

Montréal (Québec) H3G  1M8

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